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Publicité automobile: l'industrie ne souhaite pas une réglementation extérieure

La volonté du gouvernement Charest de resserrer la réglementation sur la publicité automobile a surpris les représentants de l'industrie publicitaire, qui s'étonnent de ne pas avoir été consultés.

Dans le cadre de son projet de loi sur la sécurité routière, la ministre québécoise des Transports, Julie Boulet, a effet déposé un amendement qui vise à interdire les publicités faisant l'apologie de la vitesse et de la conduite dangereuse. L'application des nouvelles règles serait supervisée par la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ).

Les représentants de l'Association des agences de publicité du Québec (AAPQ) et de l'Association canadienne des annonceurs (ACA) affirment ne pas avoir été consultés sur l'amendement proposé. "Nous l'avons appris dans les médias", dit Sylvain Morissette, président-directeur général de l'AAPQ.

"Ce qui nous étonne, c'est que l'article 10 du Code canadien des normes de la publicité touche clairement à cet aspect et ressemble pour beaucoup à ce que veut la ministre", poursuit-il.

L'article en question stipule: "Les publicités ne doivent pas sans raison, sauf si cela peut se justifier en invoquant des motifs éducationnels ou sociaux, témoigner d'indifférence à l'égard de la sécurité du public en présentant des situations que l'on pourrait, de façon raisonnable, interpréter comme étant un encouragement à des pratiques ou à des gestes imprudents ou dangereux."

Pour Paul Hétu, vice-président de l'ACA, la judiciarisation du processus risque même de rendre moins efficace le système de réglementation. "Pour l'instant, nous avons un système qui peut répondre rapidement aux plaintes, dit-il. Il n'y a pas besoin d'un long processus judiciaire, avec des avocats et des appels, dont le résultat se ferait sentir beaucoup plus tard."

L'autoréglementation est-elle aussi efficace que la supervision d'un organisme externe? "Bien sûr, répond Paul Hétu. Les annonceurs ne veulent pas perdre le climat de confiance établi avec le public."

Les deux représentants estiment que le geste de la ministre Boulet est peut-être attribuable à une mauvaise communication entre l'industrie publicitaire et le gouvernement. "Les outils sont déjà là", estime Sylvain Morissette.

Dans les prochaines semaines, l'AAPQ et l'ACA tenteront d'entrer en contact avec le gouvernement Charest pour faire valoir la position de l'industrie.

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