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Montréal: la culture en quête d'un marché

Pour Patrick Beauduin, vice-président du Groupe Cossette Communication et conférencier à la Journée-conférences sur le marketing de produits culturels ce mercredi, le secteur culturel à Montréal doit se poser des questions fondamentales sur sa mise en marché. "Alors que les conférences d'Infopresse apportent d'habitude des réponses à des enjeux de marché, dans ce cas-ci, on a affaire au départ à un non-marché", dit-il.

À quoi faites-vous allusion quand vous parlez de "non-marché"?
On n'est pas dans un marché assuré, reconnu, avec une clientèle claire et reconnue. Les premières mondiales ne se passent plus à Montréal. Les premières de La la la Human Steps, de Marie Chouinard, de Robert Lepage se déroulent ailleurs maintenant. Dans les arts visuels, l'action et les transactions sont davantage à Toronto.

N'est-ce pas tout bonnement une question de taille? Montréal n'est ni New York ni Paris.
Ce n'est pas qu'une question de taille. La culture n'est pas au centre de l'identité de Montréal, quoi qu'on en dise. Ce n'est pas une priorité dans les projets et dans les budgets. Des villes européennes comme Barcelone ou Copenhague investissent 10, 15, 20 fois plus dans la culture. Toronto vient d'investir plus de 650 millions$ dans les infrastructures culturelles. Ce serait impensable ici. À Montréal, les investissements comptent pour 0,025% du budget de la Ville. À Barcelone, c'est 8%! Et puis, où sont les artistes? Ils sont en Europe ou à Las Vegas... En tout cas, ils ne sont pas à Montréal.

Quel est l'enjeu de communication là-dedans?
Au départ, c'est directement lié aux questions de budget dont je parle. Sauf quelques exceptions - OSM, musée de Beaux-Arts, Orchestre Métropolitain, Grands Ballets canadiens - les entreprises grappillent des sous à gauche et à droite. Elles sont exsangues, elles n'ont pas les moyens de se payer des opérations de communications cohérentes, modernes et dynamiques. Quand des agences produisent des campagnes pour des organisations culturelles - on l'a fait chez Cossette, pour le Festival de théâtre des Amériques et pour la Compagnie de danse Marie Chouinard -, c'est pratiquement à titre bénévole. Et il y aurait davantage à faire à cet égard dans le milieu de la communication, de façon plus concertée. Nous sommes un secteur qui repose sur la créativité, notre survie est directement liée au dynamisme culturel de Montréal. Une agence comme Sid Lee l'a compris. Il faudrait que l'ensemble du domaine des communications travaille dans le même sens.

La journée-conférences Marketing des produits culturels - Faire beaucoup avec peu: défis et enjeux de la culture aura lieu le mercredi 31 octobre, au Centre Mont-Royal. Pour plus d'information ou pour vous inscrire cliquez ici.

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