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Place d'Armes: les propositions

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Les équipes invitées à imaginer la nouvelle place d'Armes ont présenté leurs projets, des propositions créatives, efficaces, innovatrices, parfois drôles et qui inscrivent résolument la contemporanéité dans ce lieu historique.

400 ans d'histoire et d'histoire de l'architecture cernent cet espace qui n'est plus vraiment adapté à un usage quotidien et moderne, qu'on contourne plus qu'on le traverse, qui n'offre pas ou peu de services et de minces possibilités de s'y arrêter. Bien sur, il y a les touristes, et ils sont des acteurs importants du site, mais il y a moyen de redonner aux Montréalais l'usage de ce lieu sans en perdre son sens.

Équipe 1
Projet présenté par l'architecte Randy Cohen, Big City

Le projet propose de retisser des liens entre la place et son voisinage, en particulier avec le réseau souterrain existant, en le faisant apparaître à la surface de la place sous forme d'ouvertures (pourquoi, par exemple, ne pas se connecter plus directement avec le petit centre commercial du sous-sol de la Banque Nationale en l'ouvrant sur la place). Cette place devrait, selon les concepteurs, continuer d'accueillir tous les modes de transport (taxis, autobus, calèches, vélos), mais d'une façon plus fluide. Les calèches pourraient entrer plus profondément dans la place plutôt que de rester en bordure, les autobus jouiraient d'un débarcadère spécifique, des stationnements à vélos seraient encastrés en sous-sol. Afin de préserver son histoire, l'ensemble de la place se lirait comme un musée à ciel ouvert avec des textes et indices révélateurs du passé.

Équipe 2
Projet présenté par Claude Cormier, architecte paysagiste

Pour cette équipe, le but est de retrouver la dimension publique de la place en n'étant ni moderne ni nostalgique ni mode ni tendance, mais en tentant de mettre en scène les raisons immatérielles pour lesquelles une place est un vrai lieu de rassemblement. Comme les autres, cette équipe préconise d'enlever le podium actuel, de remettre à plat la place tout en respectant les éléments importants, comme le monument et les vespasiennes aujourd'hui condamnées. Le clou de cet aménagement est sans doute une empreinte en relief des limites de la première église (démolie en 1843), sorte de dos d'âne géant en bois qui, à son passage, fait ressentir physiquement l'histoire du site à tous qu'ils soient à pied ou en auto. Afin de redonner une fonction rassembleuse à cette place, Claude Cormier propose de la doter l'hiver d'un sapin géant qui serait tous les jours, de décembre à mars, saupoudré de neige artificielle comme une boule souvenir. Enfin, il y voit, entre deux édifices, flotter une croix lumineuse.

Équipe 3
Projet présenté par l'architecte Annie Lebel, Atelier in situ

C'est une place désarmée que propose cette équipe. Dépouillée de son monument central, qui n'est pas éliminé, mais dont les éléments seraient disposés de façon éclatée sur toute la surface de la place. Là encore, l'acte primordial est de reconnecter la place avec les rues avoisinantes en augmentant sa surface et en l'étalant littéralement jusqu'au seuil des bâtiments qui l'entourent. De cette façon les constructions historiques qui la bordent retrouvent leur importance et lui redonnent vie par des rez-de-chaussée actifs qui pourraient accueillir cafés, restaurants, et boutiques. La place pour autant n'est pas abandonnée. Bien au contraire, elle devient par sa surface intérieure le théâtre d'événements liés aux saisons: un bassin d'eau l'été, une patinoire l'hiver, un marché temporaire. La configuration ressemble un peu à un parc de planche à roulettes élégant dont le vaste tapis se compose de rampes qui descendent dans une douce cavité, de rubans qui sont aussi des bancs.

Il y a dans ces trois propositions des points communs qui semblent des évidences: agrandissement de la place, connexion avec les rues avoisinantes, abolition des frontières entre le parvis, la place, les trottoirs. Comme le disait un des intervenants à la suite des présentations: tout ce qui n'est pas commun aux trois présentations ne devrait peut être pas se trouver dans le projet. C'est peut-être la piste que suivra la Ville quand viendra le moment d'agir concrètement sur la place d'Armes. "Il y aura une suite", a affirmé Pierre Bernardin, directeur général adjoint du service de la mise en valeur du territoire et du patrimoine, invité à conclure cet atelier multidisciplinaire et multiculturel puisque s'y trouvaient des créateurs de Montréal, mais aussi de Buenos Aires et de Berlin, les autres villes de design du réseau Unesco.

Composition des équipes:
1
Anne Cormier, Randy Cohen, Howard Davies, architectes, Atelier Big City, Montréal
Daniel Pearl, architecte, Office de l'éclectisme urbain et fonctionnel), Montréal
Jean-Jacques Binoux, architecte paysagiste, Version Paysage, Montréal
Tamzyn Berman, designer graphique, Atelier Pastille Rose, Montréal
Alain Martel, designer industriel, Tak design industriel, Montréal
Raoul Hesse, designer en éclairage architectural, LichtVision, Berlin
Tomás Powell, architecte et éditeur, Summa & Barzon, Buenos Aires

2
Claude Cormier, Marc Hallé, Annie Ypperciel, architectes paysagistes, et Luu Nguyen, architecte paysagiste junior, Claude Cormier, architectes paysagistes, Montréal
Gavin Affleck, architecte, Affleck + de la Riva architectes, Montréal
Raphaëlle de Groot, artiste, Montréal
Ulrich Beckefeld, architecte, Office for Subversive Architecture, Berlin et Vienne
Diana Cabeza, architecte, designer urbain, artiste, Estudio Cabeza, Buenos Aires

3
Micheline Clouard et Julie St-Arnault, architectes paysagistes, Vlan Paysages, Montréal
Annie Lebel et Stéphane Pratte, architectes, Atelier in situ, Montréal
Alan Knight, professeur en architecture, Université de Montréal
Alexandra Martini, designer, Martini Meyer, Berlin Martin Churba, designer, Tramando et Mauro Bernadini, architecte, Planarquitectura, Buenos Aires

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