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Quand les étudiants imaginent la rue

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Dans le cadre de la 13e édition de la Charrette interuniversitaire en architecture, design et architecture de paysage du Centre canadien d'architecture (CCA), 124 étudiants de 6 universités ont planché pendant 72 heures sur le thème "Recréer la rue comme un monde".

Le but premier de cet exercice "n'est pas de concrétiser un projet, mais de donner lieu à des débats" précise Anne Cormier, directrice de l'École d'architecture de l'Université de Montréal. Ses résultats ont été dévoilés le lundi 29 octobre.

Le jury, présidé par Sophie Charlebois (Direction de l'aménagement urbain et des services aux entreprises dans l'arrondissement Rosemont/Petite-Patrie), se composait de Randy Cohen (Atelier Big City), Marc-André Plasse (Nature humaine), David Theodore (École d'architecture, Université McGill) et Nicole Valois (École d'architecture de paysage de l'UdeM).

Un premier prix ex aequo a été remis à une équipe mixte (Gabrielle Nadeau et Olivier Boucher de l'Université Laval et Nathalie Héroux de l'UdeM) ainsi qu'à un groupe de l'Université McGill (Valérie Lechêne, Leah Bell, Aurore Paluel, Hannah McDonald et Marie El-Nawar). Trois mentions ont également été décernées à une équipe d'étudiants de l'Uqam, une composée de stagiaires de l'UdeM et à une formation de l'Université Carleton.

Lors du lancement de la Charette, Phyllis Lambert, directrice, fondatrice et présidente du conseil des fiduciaires du CCA, avait invité les participants, rassemblés en équipe de trois à cinq étudiants, à avoir du plaisir et à mesurer l'importance de ce qu'ils allaient réaliser, tout en leur rappelant que leur but était de "donner vie à une rue".

Cette rue, c'est la partie du chemin de la Côte-des-Neiges limitée au sud par le Chemin de la reine Mary et au nord par la rue Jean-Talon. Habitée à 80% par une population immigrante, elle a été choisie par les organisateurs pour son brassage culturel unique.

L'élément principal dont les étudiants ont dû tenir compte est la dualité du lieu: le haut du Chemin, caractérisé par les bâtiments de l'Université de Montréal, les librairies et les commerces, est plutôt cossu, tandis que la population immigrante se concentre davantage dans le bas de l'artère, vers Jean-Talon.

Loin de chercher à "embellir" la rue ou à mettre en lumière ce qui est imparfait, ils devaient plutôt travailler le lien entre la ville haute et la ville basse qui structurent l'artère et tâcher de repérer les rythmes urbains.

"L'histoire montre que l'espace public n'est pas neutre. Il est chargé politiquement et socialement. Il est capable de briser ou de consolider les identités. Demeurez conscients et critiques des gestes que vous faites dans l'espace public", avait pour sa part conseillé Peter Soland, l'architecte qui a conçu les aménagements bordant le chemin de la Côte-des-Neiges.

Les étudiants ont joui d'une grande liberté en matière de programme, d'échelle d'intervention, de design visuel, architectural ou paysager. Les projets devaient toutefois impérativement se situer le long du chemin de la Côte-des-Neiges et maintenir un contact physique ou visuel avec le trottoir.

Les 33 projets soumis, tous présentés sous forme d'une grande affiche de format A0 (1189 mm x 841 mm), font l'objet d'une exposition jusqu'au 3 novembre à l'espace d'exposition de l'UdeM, dans le pavillon de la Faculté de l'aménagement.

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