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Soviet time

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Entre les grandes villes russes et Paris, l'interconnexion économique et culturelle prend de nouveau une très grande ampleur.

Moscou est un électron fou qui explose tant économiquement qu'artistiquement. D'un côté,  les jeunes artistes peuvent assouvir leur créativité, de l'autre la ville sait néanmoins rendre hommage à son proche passé. Preuve en est la rétrospective, «Chanel, l'art comme univers» au musée Pouchkine de Moscou qui retrace les échanges entre la couturière et les artistes russes prolifiques de l'après guerre: de Diaghilev à Lifar ou Stravinski, l'influence russe est telle que Gabrielle Chanel orne de motifs slaves et de broderies flamboyantes ses chemises et commande au nez attitré du tsar Nicolas II, Ernest Beaux, un parfum qu'elle baptise Cuir de Russie.

De son côté et de manière plus avant-gardiste, la capitale française met en valeur à l'espace Louis Vuitton des artistes contemporains qui mêlent traditions anciennes et engagements politiques.

Arts de la table et univers de la beauté reprennent donc les codes de l'histoire et de la culture russes. Pour Beauvillé, ce sont les matriochkas qui jouent sur les nappes, pour Bouchara chez Domus des cosaques de rouge vêtus. Porthault rend hommage aux dômes des églises avec force de fils d'or et d'argent cousus à la main et applications de perles et de nacre sur des coussins. Sur des nappes déjà chargées s'étale une vaisselle très colorée avec les bougies Matrio de Studio Nova. Même le Bon Marché y va de son assiette en exclusivité avec le dôme de St Basile de Moscou.

Côté senteur, les jus Sensuelle Russie et Tsar sont des classiques des maisons  Esteban et Van Cleef & Arpels. Plus récemment Parfums d'Empire a sorti Ambre Russe, une odeur qui associe des volutes d'ambre, d'encens et de thé russe.

Pour les plus jeunes, le maquillage passe par  Pupa, la marque italienne qui a enfermé fards pour les yeux, les lèvres et le teint dans de charmantes boules de neige qui abritent des puposkas aux innombrables tiroirs à secrets. Peut être pourra t-on y cacher les arabesques russes sur fond de porcelaine des bagues et des pendentifs Tzarine de «Bernardaud».

Même si la maison est à l'origine arménienne, Pétrossian est pour les parisiens gourmets et esthètes synonyme de gastronomie russe. Du caviar aux zakouskis, les spécialités slaves jouent l'hyper qualitatif et le très haut de gamme, en surfant sur une tendance à venir forte pour les fêtes de fin d'année, le bling-bling, avec une boîte couverte de cristaux Swarovki multicolores. Cette exubérance s'inscrit parfaitement dans le faste des réceptions russes tel qu'il existait au temps des tsars et qui perdure aujourd'hui pour quelques nouveaux milliardaires russes besogneux ou mafieux.

A la portée d'un plus grand nombre de bourses et dans un registre inattendu, celui de la boulangerie industrielle, une viennoiserie chez  la Boulangère s'affiche même brioche russe, en réalité une tresse au caramel salé.

Vincent Grégoire, tendanceur chez Nelly Rodi, le souligne: «l'ex URSS s'ouvre en plébiscitant ses racines». Entre Orient et Extrême Orient, cette culture russe marchera bien pendant les fêtes de fin d'année, car son baroque théâtral est très festif. Pour faire la fête, rien de mieux que la vodka: leader des marques de vodkas premium en Russie avec plus de 60 % de part de marché, «Russian Standard Vodka» a décidé de conquérir la France et se lance avec une campagne de publicité print (trois visuels: la tour Eiffel, l'arc de triomphe et l'hotel Negresco de Nice) et web, signée Mc Cann France et photographiée par Andy Glass.

Assurément l'automne hiver sera donc russe cette année, avec en prime une chapka si les grands froids arrivent.

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