La référence des professionnels
des communications et du design

Trois questions à Roger Dooley

Cliquez ici pour voir la photo agrandie

Une semaine avant sa venue à Montréal, Roger Dooley, auteur du blogue NeuroscienceMarketing.com, a répondu aux questions d'Infopresse.

Consultant et entrepreneur, Roger Dooley combine une connaissance des phénomènes émergents à des décennies d'expérience marketing sur le terrain. Ses clients sont à la fois des membres du Fortune 500 et des entreprises émergentes en commerce électronique.

Comment définiriez-vous le neuromarketing?
C'est la neuroscience, appliquée au service du marketing. La neuroscience est une science bien établie: c'est l'étude et l'analyse du fonctionnement du cerveau et du système nerveux. Une grande partie de ce qui motive les décisions d'achat des gens est complètement inconsciente. Si on leur demande "Pourquoi avez-vous acheté cela?", "Pourquoi préférez-vous cela?", dans les faits, ils ne peuvent pas fournir les vraies réponses. Le neuromarketing offre diverses façons de mesurer les réponses émotionnelles des consommateurs, ce qui se passe vraiment quand ils prennent des décisions d'achat. On a recours à des outils comme les "scans" du cerveau.

Comment est-ce perçu dans la communauté marketing? On a l'impression que le neuromarketing est encore vu comme une approche plutôt ésotérique.
C'est vrai. Il y a encore beaucoup de scepticisme. Une des raisons, c'est que relativement peu de recherches académiques, reconnues comme crédibles et rigoureuses, circulent. Les travaux dans ce domaine, à ce jour, sont produits beaucoup par et pour des firmes privées, pas trop enclines à partager leur travail. Je pourrais aussi ajouter que les entreprises qui offrent ces services aiment bien cultiver elles-mêmes un certain aura de secret, de mystère.

Quelles en sont les principales utilisations par les entreprises pour l'instant?
Les organisations qui l'emploient ne sont pas non plus trop portées à le publiciser. Mais nous pouvons être sûrs que tous les importants constructeurs automobiles y recourent. Les grands fabricants alimentaires aussi. Certains créneaux sont plus développés que d'autres. Le marketing sensoriel, par exemple, est maintenant très utilisé, en particulier pour tout ce qui a trait aux odeurs et aux sons. Rolls-Royce a cherché à reproduire l'odeur qui régnait autrefois à l'intérieur de ses voitures, à l'époque où l'on utilisait plus de matériaux naturels comme le bois et le cuir, et moins de synthétique. Mercedes et d'autres marques de voitures de luxe ont beaucoup travaillé avec les sons, notamment le bruit des portières qui se ferment. Un autre secteur, qui fait d'ailleurs l'objet de recherches académiques sérieuses et reconnues, c'est la neuroéconomie, qui s'attarde à la façon dont les facteurs économiques, entre autres la manière d'afficher les prix, influencent les perceptions et les comportements. J'en traitais récemment dans des articles comme Painful Sushi and Other Pricing Blunders, et The Joy of Giving vs. the Pain of Buying.

Roger Dooley sera conférencier à la Journée-conférences Infopresse du 17 octobre prochain, intitulée Recherche marketing: méthodes alternatives. Pour plus d'information ou pour vous inscrire, cliquez ici.

comments powered by Disqus