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Que deviennent nos paysages?

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L'artiste québécoise Isabelle Hayeur investit la galerie Thérèse Dion avec ses photomontages, puis fait part de ses inquiétudes quant aux conséquences de l'occupation des territoires par l'homme d'aujourd'hui.

Depuis la fin des années 90, cette artiste sonde les territoires pour comprendre comment nos sociétés actuelles investissent et façonnent leurs environnements. Connue en Amérique du Nord comme en Europe pour ses images numériques et ses installations "in-situ", Isabelle Hayeur travaille dans la perspective d'une critique écologique et urbanistique.

L'exposition, présentée sous le titre "Quaternaire" (terme qui désigne la période géologique caractérisée par l'apparition de l'homme), questionne le devenir des lieux et des cultures à l'ère de la mondialisation; elle est divisée en deux parties.

Le terme "excavation" fait aussi bien référence à des travaux de construction, de voirie et de forage qu'à des fouilles archéologiques. Dans ses photomontages "Quaternaire I", "Quaternaire II", "Quaternaire IV" et "Retournements", l'artiste cherche à réunir ces différentes acceptions. Les oeuvres présentées sont issues de l'union de paysages forts différents, notamment de sites fossilifères, de nouveaux développements domiciliaires et de dépotoirs. Des lieux dont l'histoire naturelle et humaine est très riche sont associés à des endroits symbolisant la disparition. L'artiste a par exemple travaillé à partir du site de l'ancienne carrière Miron (complexe environnemental de Saint-Michel) et du Dinosaur Provincial Park (Badlands de l'Alberta), un site classé Patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco.

Pour réaliser les oeuvres de la série "Maisons modèles", Isabelle Hayeur a photographié différentes maisons, principalement choisies dans des nouveaux lotissements de la périphérie de Montréal et des installations d'un fabricant d'habitations préfabriquées (Bonneville). Par infographie, chacune a ensuite été métamorphosée, puis relocalisée dans un nouveau contexte. La composition et le cadrage sont semblables à ceux qu'on trouve sur les sites Web de vente de maisons préfabriquées. Les mises en scène réalisées par l'artiste sont beaucoup plus étranges et dérangeantes. Elles mettent en lumière l'absurdité d'un certain type de construction et de la banalisation de ces modèles. Le montage "Virginia" a ainsi été réalisé à partir d'une maison de ferme abandonnée des prairies canadiennes et d'une maison de démonstration qui imite ce style architectural disparu.

Galerie Thérèse Dion
Édifice le Belgo, 372 Sainte-Catherine Ouest
Jusqu'au 13 octobre

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