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Le débat du PCM

Un débat organisé par le Publicité-Clubde Montréal (PCM) sur le thème "Où s'en vontles annonceurs?" s'est déroulé hier, à Montréal.Questionnés sur les effets de la consolidation des entreprises,le transfert des postes de décision à Toronto ou aux États-Unis,l'augmentation du nombre des adaptations diffusées au Québecet la qualité des agences québécoises, quatre annonceursont débattu devant plus de trois cent personnes.

Pour ces annonceurs, le regroupement d'entreprises a comme effet depousser les agences à se surpasser. "La consolidation contraintles agences à l'excellence", a dit Stéphane Duval,directeur marketing régional de McDonald's Canada. "La consolidationcomporte également de bons côtés. Par exemple, notrecentre de décision a récemment été transféréaux États-Unis, ce qui implique que nous disposons de 150 personnesde plus, dédiées au marketing", a ajouté Anne Douville,directrice du marketing de Allied Domecq (Dunkin' Donuts).

Devant l'augmentation du nombre d'adaptations en français de publicités,les quatre annonceurs se sont dits prêts à se battre pourdéfendre le travail des agences québécoises. "Il estvrai que le nombre d'adaptations diffusées ici augmente, dit GillesLacoursière, président du Québec pour RogersAT&T. Je me bats avec toute mon énergie pour évitercette tendance. Mais, les patrons sont aux États-Unis et ils comprennentdifficilement la réalité québécoise." Pour Michael Brossard, directeur marketing de Rona, la difficultéest de créer au Québec pour le reste du Canada: "Pour nous,c'est le contraire: nous sommes contraints d'adapter des publicitésfaites ici pour les diffuser ailleurs", a-t-il dit.

Questionnés sur l'importance qu'ils accordaient à la reconnaissancedes pairs de leur travail publicitaire — à un prix comme le Coq, par exemple — les annonceurs ont des opinionsdifférentes. "Le Coq est une tape dans le dos: ce que veulent lesdistributeurs, ce sont des gens dans le magasin", a dit Gilles Lacoursière."Nous ne participons pas à ce genre de concours", a pour sa partdéclaré Michael Brossard. "Pour nous, c'est le retour surl'investissement qui importe". Quant à elle, Anne Douville a expriméune opinion divergente: " Le Coq est une excellente occasion pour célébreret entretenir les liens avec l'agence. Quand on se demande si les agencesquébécoises sont bonnes, j'ai plutôt tendance àme demander si ces agences ont les clients qu'elles méritent. Quandune campagne est mauvaise, l'agence est pointée du doigt, mais leclient est également responsable. Nous devons motiver nos agences,leur fournir notre stratégie, leur donner des outils afin qu'ellesaient les munitions pour créer."

Le débat du PCM a quitté son ancien environnement, l'hôtelRitz-Carlton, pour le Centre Mont-Royal. Le prochain rendez-vous du Publicité-Club de Montréal, se tiendra le 31 janvier 2001 sur le thème:"Sommes-nous si différents?"

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