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Les bobos continuent à jouer aux prolos!

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Des nourritures de cantine aux tricots faits main, le bobo vit de manière très snob cet hiver,  en croisant son existence avec celle du Front Populaire.

L'été dernier, Camping a connu un succès phénoménal, mais on aurait pu penser qu'avec ce film la vague prolétaire aurait seulement déferlé en juillet et en août, mois des congés populaires. Il n'en est rien : les bobos découvrent le do-it-yourself et le terroir.


D'un côté, les couches sociales dites populaires rêvent de luxe à outrance que le mass-market et sa folie de consommation leur apportent, d'un autre les classes aisées dont les bobos font partie s'enthousiasment pour le bon sens, les petites économies, «la récup», les nourritures simples.


Preuve en est le fabuleux come-back de certains produits alimentaires autrefois décriés : on pense à William Saurin qui fête par une boîte collector le cassoulet (plat préféré des Français après la blanquette de veau  et sa recette qui remonte à 1898. Certains grands chefs, comme Senderens, ont mis à leur carte la sardine. Ricoré ou plutôt «Ricoré, l'ami du petit déjeuner» fait un fulgurant retour en force sur les tables matinales et un chef trois fois étoilé, Guy Martin du Grand Véfour, ose dire que ce mélange café-chicorée est son réveil matin. Et bien sûr, notre bonne vieille soupe continue à gagner du terrain. Même si elle peut s'anoblir d'écrevisses ou de foie gras, la recette reste néanmoins typée «terroir et grand-mère».


Si le bobo va au restaurant, il choisira un bistrot pour ses nappes à carreaux vichy et son bar en zinc agrémentés de hauts tabourets. Autrefois, le populaire narghilé laissait échapper ses volutes dans les cafés orientaux, aujourd'hui il est de tous les «after», mais version pièce d'orfèvrerie en étain brillant relookée par la créatrice Nedda El-Asmar, à 980 Euros tout de même! Et si l'on doit sabrer le champagne, c'est entre filles avec du Demoiselle rosé et autour de parties de tricot, phénomène qui a lui seul a déjà fait l'objet d'une tendance à part entière.


Relooker en loft un atelier d'imprimerie ou retaper une usine désaffectée est le méga-rêve du bobo qui ira donc s'installer dans un quartier popu ou en banlieue. En prime ultime, la récupération dans la rue de tous types d'objets qui seront rénovés voire customisés et deviendront alors so vintage !


La femme bobo se doit d'être une bonne ménagère qui ne jette pas l'argent par les fenêtres et sait faire briller son intérieur avec les bons vieux produits d'antan: l'encaustique de Comptoir de Famille, le savon des écoliers de Résonances, les bougies parfumées naturelles sans paraffine ni pétrole de Léa.


Mais fée du logis ne veut pas dire souillon et notre parfaite ménagère se doit d'être belle, d'où son choix de produits bio ou le retour en grâce des succès cosmétiques d'antan  comme la boîte bleue Nivéa ou la crème Secret de Bonne Femme de Guerlain. Retour aussi aux vigoureux splashs d'eau de cologne qui ont incité Roger et Gallet à éditer un collector de son best seller, l'Eau de Cologne Jean Marie Farina, en 200 ml, mais pailleté d'or dans un flacon émeri.


Et bien sûr les fans de mode, outre de sexy petites combinaisons en soie, enfileront un marcel en coton, de préférence bio et provenant du commerce équitable.

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