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Quebecor propose de financer... Quebecor

Le grand patron de Quebecor, Pierre Karl Péladeau, a annoncé hier son désir de retirer entièrement les contributions de son entreprise du Fonds canadien de télévision (FCT) pour les consacrer à un fonds destiné à ses propres productions.

Selon la proposition présentée en conférence de presse, les contributions de Quebecor pour l'année en cours passeraient de 19 à 30 millions$, mais seraient confiées au Fonds Quebecor - fonds privé de l'entreprise -, plutôt qu'au FCT. Cette cotisation serait majorée de 20% les deux années suivantes pour atteindre un total de 108 millions$.

Autre changement, le fonds privé serait géré par trois personnes désignées par Quebecor et deux autres nommées sur approbation du CRTC, soit l'inverse de la situation actuelle.

La proposition de Quebecor a été envoyée hier après-midi à la ministre fédérale du Patrimoine, Bev Oda, et au président du CRTC, Konrad Von Finckenstein.

Jusqu'ici, Quebecor contribuait au FCT sans bénéficier de subventions en retour. L'entreprise déplore entre autres que Radio-Canada et CBC retirent conjointement 37% des sommes versées par le FCT, sans y contribuer. En janvier dernier, Quebecor a décidé de suspendre ses cotisations au FCT, tout comme l'avait fait Shaw un mois avant.

Pour expliquer sa demande de réforme, Pierre Karl Péladeau a affirmé que le paysage télévisuel a grandement changé au cours des dernières années. "[...] les auditoires massifs n'existent pratiquement plus, et les grands annonceurs transfèrent une part de plus en plus importante de leurs dollars publicitaires vers d'autres plateformes", a-t-il plaidé. En conséquence, le réseau généraliste ne jouit plus de l'avantage compétitif qu'il a déjà eu. Selon Pierre Karl Péladeau, une série devra désormais être exploitée sur de nombreux médias (vidéo sur demande, chaînes spécialisées, Internet, DVD) pour demeurer rentable.

Dans cette optique, Quebecor souhaite également que sa filiale JPL ait accès aux crédits d'impôt provinciaux, réservés aux producteurs indépendants, en plus des crédits fédéraux dont elle bénéficie déjà. La filiale pourrait ainsi produire plus de contenu à l'interne et conserver les droits de diffusion des productions dans le but de les exploiter sur diverses plateformes.

Pour plus consulter un article sur les enjeux de la crise du FCT, cliquez ici. Également à lire, les réactions du milieu de la production indépendante.

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