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Melissa Mongiat, Grand Prix Grafika 2007

La designer québécoise Melissa Mongiat. Photo: Sharon Selby

Installée à Londres depuis 2004, la designer graphique Melissa Mongiat, lauréate du Grand Prix Grafika 2007, parle du projet qui a fait craquer le jury et de son retour prochain à Montréal.

Hidden Love Song, l'installation qui a remporté le Grand Prix Grafika, est à la fois visuelle, sonore et interactive. Comment en êtes-vous venue à faire du design multidisciplinaire?
Après mon bac en design graphique à l'Uqam, j'ai surtout travaillé pour des bureaux d'architectes et des salles d'exposition, entre autres pour le Centre de design de l'Uqam. J'ai aimé collaborer avec des créateurs d'autres champs du design et j'ai décidé de poursuivre des études dans cette direction. Je me suis alors inscrite au Central Saint Martins College of Art and Design de Londres. J'y ai obtenu une maîtrise en "environnements narratifs", que je viens tout juste de terminer.

Pendant vos études, vous avez travaillé à divers projets qui vous ont fait remarquer, entre autres dernièrement par le magazine Wallpaper...
J'ai fondé le collectif Milk and Tales avec une autre étudiante en maîtrise, Arlete Castelo. Ensemble, aidées par d'autres étudiants, nous avons réalisé des environnements expérientiels pour la salle de spectacles Royal Festival de Londres, qui, fermée pour rénovation, souhaitait conserver un lien avec son public. Le projet, appelé "Keeping in Touch", a commencé avec l'installation Gamelan Playtime, puis Hidden Love Song et Play Orchestra.

L'interaction humaine semble dominer votre approche artistique.
Absolument! Pour moi, un travail est "complet" une fois que les gens y ont participé. Les projets du Royal Festival Hall sont intéressants, car ils sont à la fois hyperprécis, orchestrés dans les moindres détails, et poétiques, puisqu'ils laissent place à la spontanéité.

Hidden Love Song est justement une longue palissade recouverte d'encre argentée que les passants sont invités à gratter pour découvrir d'autres images et de multiples messages d'amour. Lorsqu'ils la touchent, ils déclenchent également un collage sonore. Pour bien comprendre le projet, le mieux est d'aller faire un tour sur notre site!

De tels projets sont rares à Montréal...
Ce genre d'installation a en effet plus de chance de voir le jour dans une grande ville comme Londres, où il y a beaucoup plus de monde et d'argent. Mais je crois que même là-bas, c'est vu comme novateur. La capitale anglaise est une plaque tournante du design; les projets graphiques y affluent, mais ils sont souvent statiques.

Je suis très excitée de revenir à Montréal. La scène y est vivante et stimulante. J'espère seulement que les environnements interactifs, surtout confinés pour l'instant au domaine artistique, seront de plus en plus utilisés par les marques, les lieux et les événements pour faciliter les échanges avec le public.

Que ferez-vous à votre retour?
J'aimerais continuer à développer des projets avec Milk and Tales, mais je ne suis pas fermée à l'idée de travailler pour quelqu'un. Il y plusieurs agences et entreprises avec lesquelles je pourrais faire des choses intéressantes.

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