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La tempête fait rage chez Airbus

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S'il y a un peu plus d'un an et demi, on annonçait en grandes pompes la naissance du premier A380, aujourd'hui, Airbus est en crise et au bord du gouffre.

La presse française a suivi les diverses péripéties de l'avionneur européen. Elle s'est largement penchée sur le plan de restructuration et de réduction des effectifs annoncé ainsi que sur la nomination de Louis Gallois, suite à la démission de Christian Streiff qui exigeait une plus grande autonomie à la maison mère, EADS. Les médias ont d'ailleurs relaté les critiques émises par M. Streiff sur la gouvernance d'entreprise d'Airbus. Ils ont insisté sur le fait que la direction avait revu à la hausse le seuil de rentabilité du programme Airbus A380. Désormais, la société devra vendre quelque 420 exemplaires du gros porteur, contre les 270 initialement prévus.

Après l'annonce d'un nouveau retard de livraison des premiers A380, les médias ont fait part des réactions des compagnies aériennes qui avaient passé commande du gros porteur. FedEx Express a pour sa part renoncé à la version Fret de l'A380 tandis que Qantas a confirmé sa commande. Les confirmations de commandes de Singapore Airlines (la compagnie de lancement de l'A380), d'UPS et d'IFLC sont attendues tandis que Virgin Atlantic a conclu un report de quatre ans de la livraison. La presse a souligné que certaines compagnies, sans les nommer, avaient demandé des indemnisations à Airbus en raison des frais encourus par le retard de livraison.

Les médias ont analysé les raisons de la descente aux enfers d'Airbus mettant en exergue quatre points qui expliqueraient la chute vertigineuse du joyau européen. L'une des causes premières est la crise managériale : en un an et demi, Airbus a connu trois patrons différents. Deuxièmement, la crise parmi les actionnaires historiques d'EADS. Lagardère et DaimlerChrysler ont cédé conjointement leurs parts de capital à hauteur de 7,5 % en avril 2006, suivis de BAE Systems qui a vendu ses 20 %. Troisièmement, les susceptibilités entre Français et Allemands ont abouti à une répartition des tâches ne facilitant pas les choses : Toulouse réalisera l'assemblage final tandis que Hambourg sera chargé de la peinture et de l'aménagement intérieur.

Pour finir, Airbus apparaît trop dépendant de sa gamme A320, vieillissante, tandis que ses A340 font face à une rude concurrence de Boeing dont le 777 est jugé plus économe par les compagnies aériennes.

L'intérêt de la presse a également porté sur les conséquences de la crise d'Airbus pour la région Midi-Pyrénées, et plus spécifiquement pour tous les sous-traitants dont l'activité est en péril. L'intervention et l'aide financière de 145 millions d'euros de l'État français ont été soulignées, tout comme ont été notées les inquiétudes de l'État allemand soucieux de protéger les emplois sur les sites nationaux.

Les yeux sont rivés sur Toulouse et les attentes sont fortes envers la direction pour que le fleuron européen retrouve la sérénité. Réussira-t-il le pari ?

Analyse réalisée par Sylvie Testard-Ramírez, directrice générale d'Echo Research. www.echoResearch.com.

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