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Les radios francophones moins rentables

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Au Canada, depuis quelques années, les radios privées francophones sont moins rentables que les anglophones. Et cet écart entre leurs marges bénéficiaires (avant impôt et intérêt) s'est accru de façon importante de 2001 à 2005.

En 2005, l'année où la différence est la plus grande, le taux de profit des stations de langue française était deux fois moins élevé que chez celles de langue anglaise, soit 11,4% contre 22,9% (graphique 1). Les bénéfices des radios anglophones ont augmenté de 6 points depuis 2001, alors que ceux des francophones, après une hausse de 2001 à 2003, ont chuté d'un peu plus de 4 points depuis.

Une récente analyse réalisée pour l'Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR) montre par ailleurs que, de façon générale, la rentabilité des stations francophones décroît proportionnellement à la taille du marché. Dans celui de Montréal, en 2004, la marge bénéficiaire de ces radios privées était de 19,8%, et elle atteignait 11,6% dans la région de Québec (graphique 2).

Du côté des marchés de moins de 100 000 habitants, les stations francophones n'obtenaient qu'une marge bénéficiaire de 6,4%, soit la moitié de celle des stations de Québec et le tiers de celle des radios montréalaises. Ces stations représentent 60% de toutes les radios privées de langue française au pays. Les radios anglophones servant des marchés comparables (moins de 100 000 habitants) récoltent aussi des marges inférieures à la moyenne canadienne des stations anglophones (13,8% contre 19,8%), mais elles s'avèrent beaucoup plus rentables que les stations francophones des petits marchés.

Sur un autre plan, l'ACR note que les stations francophones consacrent une part plus importante de leurs revenus à des dépenses de programmation que les stations anglophones. Au total, les premières ont ainsi affecté, de 2000 à 2004, 31% de leurs revenus à de tels investissement contre 27% pour les secondes (graphique 3). Dans le marché de Montréal, les radios francophones utilisent une proportion encore plus grande de leurs dépenses à la programmation, soit 34%.

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