La référence des professionnels
des communications et du design

Luxe pour Tous ou Super Luxe?

Cliquez ici pour voir la photo agrandie

Le luxe doit être revu en permanence afin de garder sa pertinence: tel est le message de la FIAC-Luxe! qui se tient à Paris sous l'égide du comité Colbert.

Castelbajac signe pour les 3 Suisses, Lagerfeld pour H&M! Exception, sur-mesure, privilèges: les valeurs du luxe réservées à une élite semblent voler en éclats car certains codes du luxe se sont alliés à des noms du marketing de masse. Face à cette démocratisation, certains s'insurgent afin de redonner au luxe son réel positionnement.

Foyer créatif des oeuvres de demain, la FIAC, par le biais du concours organisé entre artistes et maisons de luxe du Comité Colbert, est un révélateur de tendance: moins démonstratif et ostentatoire, le luxe d'aujourd'hui proche de la notion d'art de vivre se dématérialise en services originaux, ludiques voire insolites. Beaudelaire avait raison de dire: «il y a une grandeur dans toutes les folies, une force dans les excès». En effet, le luxe se personnalise pour servir au mieux l'usager. D'où le développement de cartes super gold offrant des services privilégiés (www.quintessentially.com) et l'offre de concierges privatifs susceptibles de répondre au moindre caprice. Le luxe épouse les nouvelles tendances comme le nomadisme, sans faillir à ses exigences qualitatives. Preuve en est la création de malles sur mesure, en 30 éditions de par le monde, pour un pique-nique au Krug. Ce seul petit vanity à champagne coûte la bagatelle de... 15 000 euros.

Enfin, on y revient: prix exorbitants, série numérotée, car les éditions limitées ou millésimées pour les vins, champagnes et montres ne sont même plus du luxe. Joy de Patou fut à un moment le parfum le plus cher au monde. Certaines marques arrivent à une personnalisation du parfum en créant leur propre intensité (Stella in Two de Stella McCartney) ou en associant plusieurs fragrances (Jo Malone). Et d'autres font de mieux en mieux avec des nez qui créent pour vous un jus unique (Jean Michel Duriez chez Patou), des crèmes qui frisent les 600 euros chez Kanebo, La Prairie (caviar oblige!) et Sisley ou du maquillage sur mesure avec cinq tubes de rouges à lèvres à votre couleur personnelle pour 1 200 euros par Terry de Gunzburg.

L'essentiel est de donner un plus en se gardant d'être inutile, à l'image de Fauchon qui crée des éclairs à la truffe blanche ou de Lenôtre qui sortira pour janvier une galette des rois avec un pendentif en or de Fred. Une fève porte bonheur à 535 euros: quand on aime on ne compte pas et il faut bien se nourrir tout de même! Pour l'accompagner, «just a cup of tea» et un couvre-théière de Mariage Frères brodé de fil d'argent et armorié.

Même luxe au quotidien chez Puiforcat qui habille de diamants le couvert Malmaison pour 3 500 euros ou pour Porthault qui peut assortir les broderies de la nappe aux dessins de vos assiettes. Même besoin de rêver avec certains prestataires de tourisme qui développent, à l'image de la chaîne The Leela en Inde, des resorts tournés vers le très grand luxe avec des chambres basiques de 55 m2 jusqu'aux suites premières comportant piscine, serviteur et divers autres services privatifs.

Grâce à la participation de grands designers ou artistes (Gagnère et van der Straeten pour Bernardaud, Crasset pour Saint Louis, Raffy pour Laguiole) ou par des associations de grandes maisons entre elles (coffret de mini verres Harcourt en chocolat chez Jean Paul Hévin; menus de Guy Martin, chef 3 fois étoilé du Grand Véfour pour Monoprix Gourmet ) le luxe se dévoile à tous. Comme le souligne Corinne Pérez de l'agence BETC: «le luxe, c'est exposer au plus grand nombre ce que vous vendez finalement à très peu de gens».

comments powered by Disqus