La référence des professionnels
des communications et du design

PSA Peugeot Citroën: un régime sévère à la hauteur des enjeux du secteur de l'automobile

Cliquez ici pour voir la photo agrandie

Comment la direction de PSA Peugeot Citroën a-t-elle réussi ce tour de force?

La nouvelle n'a pas lancé de polémiques, ni surpris, les syndicats et les employés ont d'ailleurs eu des réactions modérées et les marchés boursiers ont bien réagi.

Et pourtant, un seul chiffre pourrait donner des vertiges: une réduction de 10 000 postes dont 7 à 8 000 en France.

Mais les dirigeants du groupe ont en fait insisté, entre autres sur le fait qu'il n'y aurait pas de «suppression d'emplois» et sur la nécessité de ce plan d'actions pour «atteindre un objectif de rentabilité de 6 %» dans un secteur morose et très concurrentiel. (Le Figaro, 27 septembre 2006.) De plus, le processus était déjà engagé puisque la réduction du personnel a commencé début janvier 2006.

Bien que la nouvelle de la diminution des effectifs ait dominé l'information, les médias ont dans le même temps mis en exergue les divers volets du plan et les objectifs stratégiques du groupe : la rentabilité, mais également la volonté de la direction de s'orienter vers les marchés émergents, pays de l'Est, Chine et Malaisie en tête, et de miser sur la nouveauté pour relancer ses ambitions commerciales. «PSA passe à l'Est. Face à une baisse de sa rentabilité et la chute de ses ventes, le groupe gèle les embauches et réduit ses investissements en Europe de l'Ouest mais mise sur la nouveauté et la croissance dans les marchés émergents.» (Libération, 27 septembre 2006.)

Annoncé à la veille de l'ouverture du Mondial de l'Automobile, le plan d'actions a sans doute bénéficié d'autres actualités liées au secteur. Les médias ont passé en revue les parts de marché des concurrents et mis en avant l'état du marché de l'automobile en Europe, et particulièrement en France, expliquant indirectement le choix de la direction de PSA Peugeot Citroën. «Le mois de septembre est "franchement mauvais" pour le marché automobile français, a constaté le président du Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA), Manuel Gomez. Les ventes de voitures particulières neuves en France ont fortement baissé (-13,3 % par rapport à septembre 2005)» (Le Monde, 2 octobre 2006.)

Par ailleurs, les médias ont porté une attention particulière à l'annonce du départ à la retraite de Jean-Martin Folz en 2007. Cette nouvelle a été l'occasion de dresser le portrait de l'actuel Pdg dont la personnalité a marqué les esprits au cours des dix dernières années. «Un patron à l'écart de l'establishment» titrait Libération (9 septembre 2006.)

Dans ce contexte incertain, quel est l'avenir des constructeurs d'automobiles français et européens? Au-delà du constat de morosité fait par les médias, les défis posés à l'industrie automobile par le développement durable, la protection de l'environnement au niveau international, la hausse et la pénurie à venir du pétrole, ne sont-ils pas de formidables moteurs ? Le développement en France du biocarburant E85 et les implications de ces nouvelles technologies pour l'industrie et les consommateurs ont, sommes toutes, été peu développés par les médias.

M. Folz a relevé que ces technologies auraient des répercussions sur le coût de production. Il a indiqué que son groupe avait préconisé «depuis longtemps l'addition d'éthanol dans l'essence.» Et d'ajouter : «Avec l'E85, "il faut que ce soit d'autres moteurs, d'autres voitures et d'autres circuits de distribution. C'est une autre voie tout à fait intéressante".» (AFP/La Croix, 27 septembre 2006.)


Sylvie Testard-Ramirez, directeur général d'Echo Research France

Analyse et commentaire réalisés par Echo Research : www.echoResearch.com sur la base de 65 articles parus dans la presse quotidienne nationale en ligne entre le 1er septembre et le 2 octobre 2006.

comments powered by Disqus