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Ça résonne: la société de l'apocalypse

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La «désastrologie», cette science permettant aux hommes de lire l'avenir dans les catastrophes, semble très en vogue partout dans le monde.

On se souvient bien sûr du «Musée des Accidents» de Paul Virilio, à la Fondation Cartier pour l'Art Contemporain, qui avait fait grand bruit en 2003. Depuis il y a eu le Tsunami, la guerre en Irak, les attentats de Madrid et Londres, le Liban... Le traitement culturel des catastrophes est devenu un sujet de premier ordre.

«La Science des Rêves», le dernier film de Michel Gondry, peut paraître un brin fleur bleue, mais toute une partie du film est cependant une réflexion assez brute sur la fin du monde et ses visions d'apocalypse, avec le « Calendrier de Désastrologie » réalisé par le héros. Dans le même ordre, deux films sur le 11 septembre viennent de sortir, « World Trade Center » et « United 96 ». Il aura fallu moins de 5 ans au cinéma américain pour traiter du plus célèbre attentat de l'histoire, là où presque vingt ans ont été nécessaires pour oser parler de la guerre du Vietnam. L'apocalypse s'est bel et bien installée dans notre paysage culturel.

Mais c'est certainement du monde des jeux vidéo que vient le phénomène le plus intéressant, avec la montée de jeux vidéo ultra-violents. «Bad DAY LA» est un condensé de catastrophes urbaines à taille humaine : attaques terroristes, pluies de météorites, détournements d'avion, tsunami, attaques de morts-vivants? Mais on y trouve surtout une contestation sans précédent de la culture de la peur instaurée aux Etats-Unis : le héros se bat à coup de sprays et de coupe-ongles, précisément les objets interdits dans les avions, et la bande annonce du jeu commence par un vrai-faux message officiel: « Soyez de bons moutons».

Il est vrai que la le politiquement incorrect redevient une valeur sûre. Le film «Thank Your For Smoking» présente un vrai anti-héros : un lobbyiste ignoble mais attachant, mettant son talent au service de l'industrie du tabac ! Quant au coup de boule de Zidane, tout le monde s'accorde pour dire qu'il a marqué l'inconscient collectif. Sa récupération par des vidéastes amateurs en tous genres est certes remarquable, mais ce qui l'est encore plus c'est l'unanimité sur la violence du geste et l'acception de la violence. Comme si les règles n'avaient plus d'importance. Tout le monde lui a trouvé une excuse.

Catastrophes quotidiennes, cynisme, nihilisme, violence acceptable? Il y a en tout cas fort à parier que l'année 2007 sera riche en contestations et en coups de gueule (ou de boule)? Ou ne sera pas. Et alors? On s'en fout, de toute façon demain c'est la fin du monde.

Thomas Jamet est fondateur et directeur adjoint de Reload, The Communication Planning Agency (Publicis Groupe Media), qui réalise des missions de conseil stratégique pour les marques et les media. Il analyse pour Influencia les tendances émergentes et tout ce qui résonne

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