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Un Québécois à Taiwan

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Le designer graphique Pierre-Emmanuel Messier raconte son aventure à Taiwan, où il a travaillé près d'un an pour l'agence Publicis. Diplômé en design industriel, il a toujours été intéressé par le graphisme. Avant de s'envoler pour l'Asie, il a fondé son propre studio, Bruit de fond design, et il a passé plusieurs années chez Cossette comme designer Web.

Pourquoi partir travailler en Chine?
J'y ai suivi ma copine! Je suis parti sans savoir si j'allais me trouver du travail. J'avais commencé des démarches de Montréal, car toutes les grosses agences ont des bureaux à T'ai-pei, mais ça a été plus facile une fois sur place. J'espérais être embauché par Saatchi & Saatchi. C'est finalement chez Publicis que j'ai atterri. Étant une entreprise française, le fait que je sois francophone a été un atout.

Vous avez été embauché comme directeur artistique?
Oui. Cela m'a amené à travailler pour différents comptes, pour des marques locales telles que Heysong et la bière Kirin, mais aussi pour Nike, Ikea et HP.

Comment se sont déroulés vos premiers jours là-bas?
Très bien, on m'a accueilli à bras ouverts. J'étais "les idées d'Amérique"! Il n'y a pas une grande culture graphique à Taiwan, ce n'est pas comme arriver aux Pays-Bas! Il y avait beaucoup de ménage à faire et de chemin à parcourir. C'était motivant.

Vous aviez beaucoup de pain sur la planche?
En effet! C'est une société de consommation remarquable, très riche. Il y a donc de nombreux projets à réaliser. En plus, la mentalité est différente. Une bonne idée ne naît pas simplement, elle doit prendre du temps à développer. Tu penses que tu y es, mais en vérité, tu ne fais que commencer à explorer. Un designer doit aussi toujours soumettre plusieurs concepts. Il faut pondre, pondre, pondre. J'ai déjà eu une réunion de huit heures pour décider d'une couleur!

Qu'est-ce qui vous a surpris?
Très peu d'importance est accordée à la typo, ce qui est étonnant pour un pays où la calligraphie constitue un art. Ils n'ont pas peur de la massacrer: ils l'étirent comme de la pâte à modeler! Aussi, tout est gros et exagéré, les panneaux mesurent 25 pieds de long, les couleurs sont criardes et les slogans criés.

Qu'avez-vous surtout aimé?
Les graphistes se documentent énormément. C'est important pour eux d'avoir des références. Non seulement les studios et les agences possèdent de vastes collections de livres, les bibliothèques et les librairies sont gigantesques et nombreuses. De plus, il y a une belle culture de l'illustration et du textile, très inspirante.

Qu'est-ce que votre séjour vous a appris?
Je suis trois fois plus créatif qu'avant, plus patient et plus rigoureux.

À son retour, Pierre-Emmanuel Messier a lancé le studio Minimal médias, avec des amis de l'entreprise Rhino, spécialisée en architecture d'espace. Il en est le directeur de création. Ensemble, ils ont également ouvert la pizzeria F&F, rue Bernard, à Montréal. Le branding de l'endroit est bien sûr signé Minimal médias.

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