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Quebecor et la CDPQ s'allient pour acheter Vidéotron

Une véritable bombe - dont les implications sur le monde médiatique québécois n'ont pas fini de faire parler - vient d'être lancée par Quebecor et Capital Communication CDPQ (filiale de la Caisse de dépôt et placement du Québec). Les deux entreprises ont conclu un accord pour présenter aux actionnaires du Groupe Vidéotron une alternative à l'offre d'achat de Rogers, déposée en février dernier.

En vertu de cette nouvelle entente, l'offre de Quebecor et de la CDPQ représenterait une valeur de 49$ par action, payable par une combinaison de comptant (28,41$) et d'actions d'une nouvelle entité: Quebecor Média. Ce nouveau joueur regrouperait les actifs présentement détenus par Communications Quebecor (Informission, Sun Media, nouveaux médias, magazines, journaux alternatifs et Groupe Archambault). En tout, Quebecor investirait plus d'un milliard$ dans Quebecor Média (pour une participation de 54,6%); Capital Communications y investirait 435 millions$ comptant (pour une participation de 14%).

Les propriétés de Vidéotron seraient intégrées à l'intérieur de cette nouvelle entité, représentant "un potentiel de synergies importantes" au niveau de l'accès (la câblodistribution de Vidéotron), les portails (Netgraphe et Canoë) et les contenus (télévision, quotidiens, magazines).

Les premiers documents émanant de Quebecor et de la CDPQ ne décrivent pas quel sera le sort du réseau de télévision TVA, propriété de Vidéotron, qui ne faisait pas partie de l'offre initiale de Rogers. Toutefois, en conférence de presse aujourd'hui, Pierre-Karl Péladeau, président et chef de la direction de Quebecor, a confirmé que la proposition portait sur l'ensemble des actifs de Vidéotron, y compris TVA.

On peut dès lors se demander ce qu'il adviendrait des propriétés télévisuelles de Quebecor Média. Il est peu probable, en effet, que le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) permette à Quebecor de conserver à la fois les réseaux TVA et TQS.

La semaine dernière, la CDPQ rappelait qu'elle n'avait jamais accordé son consentement préalable au projet de fusion Vidéotron-Rogers. "La Caisse a un droit de veto sur la transaction", a rappelé Pierre Bélanger, président de Capital Communications CDPQ. "Il y a quelques années, nous avons pris un risque énorme en supportant Vidéotron; nous avons donc tenu à mettre en place les moyens pour protéger cet investissement."

Les actionnaires de Vidéotron devaient se prononcer sur l'offre de Rogers lundi prochain, mais la réunion a été annulée. Selon l'accord conclu en février, si Vidéotron retirait son appui au projet de fusion avec Rogers, elle devrait payer une pénalité de rupture d'entente d'environ 230 millions$.

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