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Paul Maco: la musique dans le sang

La pub du lait
La pub de Smart Set
La pub de Jetta

Voici le quatrième portrait d'une série de huit sur les artisans de la pub honorés cette année au concours Créa.

Paul Maco n'a jamais touché le banc d'une école de musique, mais il savait dès 14 ans qu'il composerait de la musique pour la pub. "C'était à cause d'un message d'Eaton, dit-il. À ce moment-là, on délaissait les petits 'jingles' pour aller vers des créations originales."

Après trois ans à bourlinguer dans les bars avec son propre groupe de musique, les Grenouilles gelées, Paul Maco a obtenu son premier contrat grâce à des amis travaillant dans le milieu publicitaire. Lui et Philippe Aubert-Messier, son partenaire d'affaires, qui s'occupe de la section film de Studio Apollo, avaient mis leurs talents musicaux au service de la Ligue d'improvisation de l'Université de Montréal, dont faisaient partie Stéphane Roy et Martin Bernier, tous deux chez Cossette à l'époque. "Ils connaissaient notre intérêt pour la pub, alors ils nous ont donné une chance", raconte Paul Maco. Après un premier contrat pour Simplitel de Bell, les affaires ont démarré. D'ailleurs, les deux premières productions des associés ont remporté le bronze et l'argent au Mondial de la pub.

À l'époque, lui et Philippe Aubert-Messier travaillaient à partir de leur appartement, sur Papineau, à Montréal. "Nos colocs occupaient les pièces du devant. Alors, nous devions faire entrer les clients par la ruelle", se souvient-il en riant. Les deux associés ont depuis acquis l'édifice en entier et l'ont rénové pour en faire le Studio Apollo.

Huit ans plus tard, la petite entreprise compte une dizaine d'employés et compose notamment pour McDonald's et Molson. Au fil des ans, Apollo a obtenu plusieurs prix. Paul Maco a ainsi reçu un Grand Prix Artisan au concours Créa ce printemps pour les musiques des pubs du lait, Smart Set, Jetta et Molson Ex.

Paul Maco encourage l'ascension de jeunes qui, comme lui, n'ont pas reçu de formation conventionnelle. "La moitié des gens qui travaillent ici sont des DJ ou des autodidactes", explique le jeune entrepreneur. Il estime que ceux-ci, jumelés à des musiciens de formation classique, apportent un son plus actuel aux créations du studio.

Le succès de ses compositions, Paul Maco l'explique par l'approche des agences. "Souvent, la musique est traitée comme de la postproduction. On nous inclut seulement dans les derniers jours du processus, déplore-t-il. Pour ces campagnes, on m'a appelé longtemps en avance." Certaines agences ont d'ailleurs commencé à l'engager dès le début d'une longue campagne. "Dans ces cas-là, on fait partie de la réflexion pour soutenir l'image de la marque, explique-t-il. Ça nous permet de prévoir à long terme, et le résultat est beaucoup plus intéressant."

Partisan d'une publicité québécoise ouverte sur le monde, Paul Maco lorgne les marchés européens et canadiens. Cet été, il était à Cannes pour rencontrer des directeurs d'agence et des créatifs. Cet automne, Studio Apollo ouvrira un bureau anglophone à Toronto.

Et il peaufine un projet d'album solo. Ce sera du "hip hop progressif, indique-t-il. La sortie est prévue ce printemps, dit-il. Enfin, si j'ai le temps!"

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