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Temps dur pour les magazines

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Le lectorat des magazines québécois a touché un creux historique, selon les plus récentes données à ce sujet (2004) publiées par le ministère de la Culture et des Communications.

Les magazines avaient fait le plein de lecteurs en 1994, mais ce lectorat a fondu de 10 points depuis (graphique 1). Il est maintenant plus faible qu'en 1979, lorsque le ministère a tenu sa première enquête du genre. La baisse touche autant les femmes que les hommes, même si les premières continuent de manifester un plus grand intérêt. Y a-t-il des différences selon l'âge, la scolarité ou la "situation" (actif, inactif ou étudiant) des participants? Pour le savoir, nous avons comparé les données de 2004 à celles de 1994, alors que les magazines étaient au sommet de leur popularité.

Il y a 10 ans, les 15-24 ans étaient les plus grands adeptes des magazines. Les trois quarts d'entre eux en lisaient régulièrement. Aujourd'hui, ce groupe d'âge présente le taux de lectorat le plus faible, soit 50% (graphique 2). Qui plus est, un bon nombre des 25-34 ans de 2004, qui faisaient partie 10 ans plus tôt de la cohorte des 15-24 ans, ont délaissé les magazines: leur taux de lectorat est passé de 75% à 53%, une baisse de 22 points. On note aussi une chute du lectorat de près de 13 points chez les 35-44 ans par rapport à leur pratique d'il y a 10 ans, alors qu'ils avaient 25-34 ans. La pénétration des magazines a diminué chez tous les groupes d'âge pendant la période.

Les magazines ont aussi perdu des lecteurs de tous les niveaux de scolarité (graphique 3). Les baisses les plus importantes sont toutefois survenues chez ceux qui ont fréquenté le cégep ou l'université, ou, exprimé plus globalement, chez ceux avec 12 ans de scolarité et plus. La pénétration des titres hebdomadaires et mensuels y connaît un déclin de 13 points.

Enfin, les lecteurs de magazines sont maintenant moins nombreux chez les étudiants (chute de 24 points), dont la plupart se retrouvent aussi dans le groupe des 15-24 ans, de même que chez les personnes actives (baisse de 11 points). De fait, il n'y a presque plus de différence entre ces deux groupes et celui des personnes inactives (graphique 4).

Comment expliquer cette baisse de popularité des magazines? Ce n'est certainement pas en raison d'une diminution de l'offre, car le nombre de titres a continué de croître.

L'engouement croissant pour Internet au cours des 10 dernières années représente sans doute l'une des causes du phénomène. D'une part, les internautes les plus assidus appartiennent aux groupes qui ont, en plus grand nombre, tourné le dos aux magazines: les plus jeunes, les plus scolarisés, les étudiants et les personnes actives. D'autre part, les usagers du Net y trouvent des contenus similaires à ceux des magazines, qu'il s'agisse d'information ou de divertissement. Le tout est offert sans frais autres que ceux liés à l'accès au réseau, et avec les avantages de l'interactivité, ce qui permet à l'internaute de trouver avec plus de précision réponse à ses besoins.

Cette analyse est produite par le Centre d'études sur les médias, un centre de recherche issu d'un partenariat entre l'Université Laval et HEC Montréal.

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