La référence des professionnels
des communications et du design

+ ou -... de femmes ?

De plus en plus de femmes font les gros titres, pourtant on constate de moins en moins d'engagement réel vis-à-vis d'elles; tel est le paradoxe actuel soulevé par Monique Wahlen, directrice du planning stratégique de Grrrey Marketing Services.

De plus en plus... de femmes font les gros titres :
Ségolène (Royal, candidate du PS et femme de), Michelle (Bachelet, nouvelle présidente du Chili), Emmanuelle (La Soeur, élue femme préférée des français en 2006). Les nouvelles créatrices de mode aussi, comme Vanessa Bruno, Isabel Marant ou Véronique Leroy, qui prônent une approche plus réaliste et moins fantasmée de la femme. Le magazine Elle se risque même à interviewer des « planneuses stratégiques » d'agence. Déjà que c'était un gros mot, mais au féminin c'est encore pire !

Sharon Stone s'affiche partout, chez Dior, sur les écrans et à Davos, comme égérie de la femme moderne et affranchie. Même les nuits les plus sombres font une place aux Djettes et autres physio- femmes, créant ainsi la tendance à la « féminightisation ». Notre copine accro du shopping devient Becky, l'héroïne de la saga best-seller de Sophie Kinsella, tandis que la fameuse Alice campe la fée de l'Internet simplifié. Siemens crée Poppy, un téléphone vraiment réservé aux femmes, sans parler du jean anti-capiton annoncé comme la future révolution des silhouettes... La liste est longue mais la conclusion est hélas brève : oui, la femme compte... car elle fait vendre, des idées, des produits et des tendances. Oui, la femme est reconnue... comme un marché porteur et prometteur.

De moins en moins... d'engagement réel vis-à-vis des femmes :
Et ce n'est pas la campagne Monoprix qui va nous contredire, avec sa jolie fofolle éthérée égarée chez les bisounours. Quelle enseigne, quelle marque propose une vision de la femme radicalement différente des classiques représentations commerciales? Certes, le Conseil Constitutionnel censure la loi sur la parité dans les institutions. Mais comment ne pas s'interroger quand des femmes de tous bords s'affirment prêtes à voter Ségolène, non pour ses idées, mais parce que c'est une femme ? Publicitaires et annonceurs qui s'affirment comme précurseurs et révélateurs de tendances sociales, devraient peut-être s'activer.

A quand des marques labellisées « entreprise dirigée par une femme », à quand des enseignes certifiées «hommes-femmes = salaire égal», à quand des fonds de valeurs boursières qualifiés «women like» ? Sans oublier la sacrilège voiture pour femme ou le mois (et pas seulement la journée) de la femme, version « vraie vie », pendant laquelle tous les postes dirigeants seraient occupés par des femmes, y compris la Présidence de la République?

 

Certes, la frustration pousse parfois à la caricature. Alors, revenons à nos moutons : quand tous les professionnels s'accordent sur le fait que la pub de demain se devra d'être moins intrusive, n'est-ce pas d'une certaine féminisation de la communication qu'il s'agit ?

comments powered by Disqus