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Le Canada pointé du doigt pour ses OGM

Alors que se tiendra la semaine prochaine, au Brésil, la réunion de l'ONU sur la biosécurité, Greenpeace et GeneWatch UK publient un rapport sur les contaminations génétiques dues aux OGM. On y passe en revue tous les incidents enregistrés depuis1996 par les deux ONG dans le cadre du GM Contamination Register, tels que des cas de plantation et de dissémination illégales d'organismes génétiquement modifiés (OGM) et des cas d'effets secondaires négatifs sur l'agriculture. Ce registre mondial fait état de 113 incidents : 88 cas de contamination, 17 cas de dissémination illégale et 8 cas d'effets nuisibles sur l'agriculture. Ex aequo avec l'Australie, le Canada arrive au troisième rang des pays les plus touchés par la contamination génétique avec neuf incidents répertoriés. La tête du classement est occupée par les Etats-Unis (19 incidents) et le Royaume-Uni (10 incidents).

"Jusqu'ici, 132 pays ont ratifié le Protocole de Cartagena, mais le Canada n'est pas du nombre [n.d.l.r. : le Canada en est toutefois signataire depuis le 19 avril 2001], dit Éric Darier, responsable de la campagne OGM pour Greenpeace. En cultivant et en exportant des plantes génétiquement modifiées, le Canada est devenu l'un des principaux responsables de la contamination génétique à l'échelle mondiale."

Rappelons que ce protocole, signé à Montréal en janvier 2000 et en vigueur depuis septembre 2003, est le premier instrument légal international en matière de sécurité en biotechnologie. Il vise à assurer un contrôle quant au transfert, à la manipulation et à l'utilisation sans danger des organismes vivants modifiés.

"Il est temps que le gouvernement canadien opte pour la biosécurité au lieu de donner priorité aux intérêts commerciaux qui sont liés à la contamination génétique internationale, ajoute Éric Darier. Le gouvernement Harper devrait profiter de cette occasion pour se distinguer de ses prédécesseurs libéraux qui brillaient par leur inaction chronique. Le Canada doit adopter une position qui vise à assurer le développement durable de l'agriculture au Canada."

Pour Greenpeace, en plus de ratifier le Protocole sur la biosécurité, le Canada devrait établir une politique stricte en matière de responsabilité afin de protéger les agriculteurs, les consommateurs et l'environnement contre la contamination aux OGM. L'organisation demande également l'étiquetage obligatoire des aliments qui contiennent des OGM.

La 3e réunion du Protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques aura lieu du 13 au 17 mars à Curitiba au Brésil.

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