La référence des professionnels
des communications et du design

Sylvain Lafrance plaide pour l'équilibre

Dans sa première sortie publique depuis son entrée en fonction en novembre dernier, le grand patron des services français de Radio-Canada, Sylvain Lafrance, s'est fait l'apôtre de l'équilibre entre les réseaux publics et privés, de même qu'entre production interne et externe.

"Radio-Canada doit demeurer un important créateur de contenus en information et en culture, à la fois comme producteur et comme diffuseur, a-t-il dit lors d'un déjeuner-causerie présenté par l'Académie canadienne du cinéma et de la télévision. Comme producteur parce que nous avons la responsabilité d'utiliser au maximum l'immense bassin de talent qui oeuvre à Radio-Canada et qui en fait le plus important producteur de radio et de télévision au pays. Comme diffuseur, nous voulons offrir non seulement nos propres productions, mais nous appuyer sur la richesse et la diversité de la production indépendante, afin de favoriser l'expression d'une culture de référence, d'une culture de qualité, mais aussi et avec autant de passion, d'une culture accessible et populaire."

Enchaînant sur les objectifs prioritaires de Radio-Canada, Sylvain Lafrance a déclaré: "Dès la prochaine saison, nous allons agir pour renforcer l'exercice de notre mandat culturel. Nous voulons augmenter l'impact des 40 heures par semaine que nous consacrons à l'information. Nous devons aussi trouver des manières de refléter plus efficacement l'ensemble des régions. Enfin, nous allons faire en sorte que le public soit plus conscient de l'ensemble de l'offre de cette télévision, au-delà de ses émissions les plus populaires."

Sylvain Lafrance a aussi insisté sur l'importance de ne pas banaliser le rôle des télévisions généralistes, qui demeurent selon lui les véhicules privilégiés pour atteindre le grand public. Et dans l'optique des audiences prochaines du CRTC sur le renouvellement des licences de Radio-Canada, le dirigeant a conclu son discours par un plaidoyer sur la nécessité d'un service public fort en télévision.

"On ne peut pas laisser la culture et la démocratie aux seules mains des actionnaires de quelques géants médiatiques. On ne peut pas laisser cet instrument fondamental de notre culture et de notre démocratie qu'est la télévision dépendre des seuls résultats trimestriels d'un nombre restreint de sociétés. Il est indispensable qu'aux côtés de diffuseurs qui s'emploient à donner aux consommateurs ce qu'ils réclament pour s'assurer du maximum de rentabilité, on conserve une radio et une télévision publiques fortes et rassembleuses, servant le citoyen dans une optique de service et d'intérêt public."

comments powered by Disqus