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Ottawa doit restreindre sa définition de la pub

Le gouvernement fédéral doit restreindre sa définition officielle de la publicité s'il veut éviter un nouveau scandale des commandites, estime le juge John Gomery dans son deuxième et dernier rapport, dévoilé hier.

"Dans le programme des commandites, on avait subventionné un éventail d'activités extrêmement large tout simplement parce qu'il n'y avait aucune restriction quant au sens et à la portée de ce qu'on appelait la publicité et les communications. Le problème existe encore", écrit le juge.

"La Commission partage les préoccupations exprimées par maints observateurs de la fonction publique et du monde de la publicité voulant que le mot 'publicité' ait jusqu'à présent été interprété de manière beaucoup trop large puisqu'on l'applique à une vaste gamme d'activités telles que des commandites, des services de promotion, du marketing, de la gestion d'événements spéciaux et d'autres services de communication. De ce fait, les concours sont ouverts à des firmes qui n'ont pas les compétences techniques spécialisées qu'on exige normalement pour des campagnes médiatiques traditionnelles.

"Si l'on désire plus de rigueur dans la gestion des services publicitaires du gouvernement, les fonctions et services connexes devront être séparés de la publicité même", conclut-il.

Il s'agit de la seule des 19 recommandations formulées par le juge, qui aborde directement la question de la publicité. L'essentiel du rapport, intitulé "Rétablir l'imputabilité", porte davantage sur les façons de rétablir l'équilibre des pouvoirs entre le gouvernement et le Parlement, et d'améliorer la transparence.

Le juge Gomery consacre tout de même un chapitre entier de son rapport à la publicité, aux commandites et aux lobbyisme. Il y suggère des mesures supplémentaires de supervision des activités publicitaires du gouvernement.

L'Association des agences de publicité du Québec (AAPQ) a accueilli favorablement le deuxième rapport Gomery, disant y voir l'esprit de plusieurs recommandations qu'elle a elle-même formulées l'an dernier au juge. "On est très satisfait, cela va dans le sens qu'on préconise, soit d'améliorer la transparence plutôt que d'ajouter de nouvelles règles", dit Yves St-Amand, pdg de l'AAPQ.

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