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Nos extrêmes se portent bien

Après le succès des « plus riches que riches », c'est le « moins cher que moins cher » qui fait recette, enfin, si l'on peut dire, à propos du concept "gratuit".

Cela ne date pas d'hier, il y a déjà une trentaine d'année nos mammouths de la distribution écrasaient les prix avec bonheur et truculence pour le bien-être du portefeuille et du panier de la ménagère.

Ce phénomène, remis en cause par la recherche permanente de baisse de prix des biens et services, nous a amenés au modèle du Low Cost avec des fonctionnalités réduites à l'essentiel, un service minimal de base et des prix qui décrochent à la baisse. Le tout coiffé par une coupe au carré de tous les coûts directs et indirects.

Dur dur, le hard discount, le bien nommé qui taille des croupières à nos hypers. Un modèle qui s'étend presque partout et dont on se plait à rêver que nos hommes politiques l'appliquent au fonctionnement de l'état.

Mais le phénomène est-il arrivé à ses limites ?

Il faut se poser la question car la montée du gratuit comme modèle émergent s'inscrit comme une demande normale chez le consommateur bien aimé de nos industriels qui veulent le séduire à tout prix. Les -10%, -30%, -50% des promoteurs de tous poils sont une misère pour le consommateur, veau d'or à qui toutes les offrandes sont dues.

Le gratuit, voilà l'offre qui fait mouche. La presse n'est pas en reste depuis déjà longtemps. La semaine dernière une « leçon de gratuit » nous a été donnée par la bouche du président d'un grand groupe de presse gratuite internationale. 95 % des quotidiens payants généralistes seraient condamnés à se transformer et à se résoudre à une diffusion réduite sur des niches. Bel avenir pour la liberté d'expression et l'indépendance de notre presse.

Poussons plus loin, vous ne connaissez pas encore le « gratuit remboursé » ? La nouvelle offre imparable qui dévalise les linéaires et provoque des queues dans tous les kiosques ? Vous n'êtes pas content de votre journal gratuit, vous le ramenez et on vous donne un Euro. Pas mal non ! Même les MDD n'y résisteraient pas.

Reprenons le courage de dire au consommateur que tout a un coût et de lui faire acheter, certes au plus juste prix, les produits qu'il consomme. La publicité finance, tant mieux, mais de grâce n'érigeons pas la gratuité comme modèle ! Le marché de la publicité n'est pas capable d'absorber tous les coûts et, à être la vache à lait, il se dévalorise. Tant aux yeux des consommateurs que des entreprises qui doivent faire le choix d'investir.

Quant au veau, rien de tel qu'un coup de pied aux fesses pour lui ranimer le désir et le plaisir : celui d'avancer et de consommer pour de bon... en payant.

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