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Au feu les poulets !

Les récentes violences urbaines ont plongé notre pays dans un émoi qui dure depuis maintenant près de trois semaines et, si l'on y regarde de plus près, il est intéressant de constater que le fameux indice de bruit médiatique a cru selon une courbe non seulement parallèle mais anticipatrice à la montée en puissance des dites violences.

De quelques voitures en feu pour 3 minutes d'antenne au début du phénomène, nous sommes passés à une déferlante de casse et exactions en tous genres et 60% des temps de JT consacrés aux événements et leurs analyses politiques et sociales. La montée de ces violences semble avoir fonctionné selon une boucle de rétroaction positive. Un phénomène bien connu, dans lequel les effets alimentent et nourrissent la cause dans un système progressif, souvent exponentiel.

La question qui mérite d'être posée est bien : qui de l'oeuf fait la poule ou l'inverse ? Ces violences ont certes alimenté l'info mais le corollaire est-il vrai ?

En d'autres termes, nos casseurs, avec leurs exactions d'autant plus incompréhensibles qu'elles touchent souvent leur propre camp, ne seraient-ils pas à la recherche tout simplement de visibilité dans la « lucarne » avec la volonté de faire mieux que la bande rivale, que la cité voisine, et aujourd'hui qu'hier. Et bien sûr, comme la province n'entend pas rester en rade par rapport à la capitale, l'allumage à foyers multiples nous montre une France qui s'embrase. Une sorte de moteur à injection multipoints où tout s'emballe.

Leur donner raison en couvrant l'info au-delà du nécessaire mériterait quelques réflexions lors des conférences de rédaction. Nos amis de toujours ne sont pas en reste, pour nous réchauffer le coeur. Les télés Américaines et Anglaises jettent un peu d'huile sur nos brasiers sans prendre garde de se brûler au phénomène. Et si cette même médiatisation réveillait aussi chez eux leurs banlieues tristes et désoeuvrées ?

Faut-il rappeler que la France, en état de forte fébrilité, a toujours montré une extrême contagion ? La révolution Française, mai 68 ont transpiré largement au delà de nos frontières.

Et si, à propos de contagion, une bonne petite rumeur avait coupé le cours désastreux de cet engrenage pour nourrir d'autres sujets dans les media ? Tenez : si dans cette belle région du Sussex, au pays de Tony et de sa Gracieuse Majesté, on avait remarqué sur un tas de fumier quelques poulets, cacochymes avant l'âge, la crête en feu (eux aussi) qui crachaient beaucoup plus qu'ils ne caquetaient ? Symptômes identifiés de la grippe aviaire oui, mais pas sûr que ce soit le H5N1 (la version hard du virus). A titre préventif, la France demande à la Grande Bretagne que tous les poulets de sa Majesté soient euthanasiés par le feu. A coup sûr, nos carcasses incandescentes qui font de jolies images à la télé, n'auraient pas résisté à la vision crématoire du "British chicken" .

Au feu les poulets (de tout poil!)... il est peut-être temps de prendre la relève de l'information !

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