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Trash, vous avez dit trash ?

Le trash, ce n'est pas « politically correct », ni glamour, ni conventionnel, et encore moins de bon goût ; mais finalement, c'est quoi le trash ? Puisque tout le monde en parle, et que personne ne l'a réellement défini, Interdeco Expert, en partenariat avec l'institut Added Value, a décidé de mener la première enquête qualitative sur ce phénomène.

Première constatation indéniable : nous voilà, en effet, en présence d'un véritable phénomène de société, dont la cible privilégiée sont les 18/35 ans. Annie-Paule Quéré, directrice d'études d'Interdeco Expert, y associe trois ingrédients indispensables. Tout d'abord, une intention, celle de transgresser. Puis, des codes visuels illustrant la dérision, le décalage ou la caricature. Enfin, sans que cela soit pour autant indispensable, du fond. Secouez le tout et vous obtenez une contre-culture.

Que ce soit grâce au rire, à l'ironie ou même à la violence visuelle, le trash permet de désamorcer l'inquiétude que nous ressentons face à un monde anxiogène. Or, nous avons tous besoin de cette fonction cathartique afin de créer une distance avec l'actualité souvent tragique. A l'opposé de cette démarche, et pour ne pas se laisser submerger par un sentiment d'insécurité généralisée, nos sociétés ont tendance à se retourner vers le « soft » ou le « clean » et s'inventent ainsi une image plus policée de la réalité.

Pas étonnant alors que les jeunes adultes soient les premiers à s'opposer à ces valeurs aseptisées qui ne sont pas en adéquation avec ce qu'ils vivent. Ils réclament du vrai, et le trash se convertit alors en un exutoire face à la pression sociale. Grandir signifie bien souvent passer par une période de rébellion, d'opposition à l'enfance. Le trash apporte à ces jeunes ados des valeurs alternatives, sources de liberté, et donc, aspirationnelles.

La cible ne cesse de s'élargir quand on sait que nous vivons dans une société jeuniste dans laquelle même les parents jouent parfois aux « d'jeuns ». Vous l'aurez bien compris, le trash se démocratise et se décline sur plusieurs modes : du degré le plus soft, la disruption, au plus hard, la vraie critique des fondements de la société, en passant par la provocation et l'affirmation identitaire. A chacun sa façon de consommer du trash. Bref, qu'on aime le trash « potache », « le glam-porno chic », le côté « trash intelligent » à messages, qu'on soit plutôt fan du « scato-crade », du « gore », du « gothique » ou bien carrément du « trash violent » ou de sa version « sex hardcore », rien ni personne n'y échappe.

Pour preuve, l'ascension fulgurante d'une presse grand public qui intègre le trash, incarnée récemment par les magazines Choc ou Closer. Tout le monde n'est pas un « trash marginal » en herbe qui respire trash, boit trash, dort trash, bref vit trash. Ni forcément passé par la phase « trash mutant », sorte de trash marginal temporaire.

Et pourtant, qui n'a jamais picoré du trash en disant « c'est vraiment débile » ? Finalement, beaucoup d'entre nous sont des « trash mateurs » qui se reconnaissent dans cette culture multidimensionnelle et désormais dominante. Cette enquête nous montre qu'au delà d'un simple phénomène de mode, le Trash commence à devenir un modèle à part entière avec ses codes, ses médias, ses idoles?et ses consommateurs !

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