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Haro sur les communications gouvernementales

Journalistes et professionnels de la communication s'unissent pour dénoncer la mainmise croissante du pouvoir politique sur les communications gouvernementales, une dérive inquiétante pour la santé démocratique du Québec.

"L'obligation de transparence de l'administration publique envers la population québécoise est actuellement menacée par une intrusion de plus en plus grande de l'appareil politique dans le travail des communicateurs gouvernementaux", dit Carole Roberge, présidente du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec, qui participait ce week-end à un atelier du congrès de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), qui se penchait sur cette question.

"Avant de livrer des renseignements factuels aux médias, les professionnels des communications doivent souvent les soumettre aux cabinets ministériels pour en obtenir l'imprimatur. Il leur devient alors de plus en plus difficile dans ce contexte d'exercer leur pratique de façon neutre et impartiale, comme le prévoit la Loi sur la fonction publique", dit-elle.

La FPJQ a colligé un "dossier noir" des communications gouvernementales réunissant plus d'une centaine d'exemples concrets témoignant des difficultés croissantes des journalistes à obtenir de l'information auprès des gouvernments.

"La clé pour comprendre la dérive des communications gouvernementales, c'est l'obsession du contrôle politique de l'information qui émane du gouvernement, écrit Philippe Schnobb, journaliste à Radio-Canada, qui a rédigé le rapport au nom du conseil d'administration de la FPJQ. Ce contrôle, qui s'exprime par une centralisation des communications, n'est pas là pour assurer une information plus rigoureuse du public, comme on pourrait le prétendre. Il existe surtout pour garantir qu'aucune information dommageable à l'image gouvernementale ne soit diffusée."

Les pratiques les plus décriées sont le refus d'accorder des entrevues, les retards à répondre et l'exigence de fournir les questions par écrit avant d'autoriser une entrevue. Les organismes les plus critiqués sont le ministère de l'Environnement du Québec, le Service de police de la Ville de Montréal et la Société de l'assurance automobile du Québec.

"Il y a des mesures systémiques qui permettent aux responsables publics de rester dans l'ombre et de ne pas rendre compte des décisions et des gestes de leur organisme, poursuit Philippe Schnobb. Les responsables gouvernementaux sont responsables devant le public des faits et gestes posés dans l'exercice de leurs fonctions. Ils ne peuvent se défiler lorsque leurs journalistes leur posent des questions sur les organismes publics où ils oeuvrent."

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