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Le lion est mort ce soir

La tête pleine, les mains et les poches vides, les Québécois reviennent presque chaque année de Cannes avec le coeur gros. Notre pub n'est pourtant pas mauvaise, tant s'en faut, mais elle n'est pas exceptionnelle. Je m'efforce depuis des années de comprendre pourquoi, et chaque année, je tente de trouver des réponses. Pourtant, la première chose qui vient à l'esprit, c'est que pour gagner, il faut atteindre un niveau d'excellence pour l'instant réservé à une petite élite composée de créatifs ou d'agences le plus souvent complices d'annonceurs très aguerris ou très marginaux.

Guillaume Van der Stighelen, président de Duval Guillaume, l'une des agences de pub les plus titrées d'Europe, et qui oeuvre depuis la Belgique, me confiait dans une entrevue que les bonnes idées sont vraiment très rares, et que souvent, les agences mettent énormément de temps et d'énergie pour convaincre et se convaincre qu'elles ont trouvé la grande idée. Mais la réalité est tout autre. Quand on a une vraie grande idée, tout le monde le sait tout de suite, et, dans ce cas, nul ne ressent le besoin de la vendre ou de la survendre pour convaincre qui que ce soit. Guillaume Van der Stighelen montre ainsi du doigt les relations entre les agences et les annonceurs. Je crois qu'il touche ici un point important d'une problématique que nous connaissons bien au Québec. Son point de vue et sa simplicité d'approche m'ont tellement impressionné que je l'ai invité à Montréal afin qu'il participe à une prochaine journée Infopresse et à un atelier consacrés à la relation client/agence.

Il est certain qu'une grande partie de ma réponse se trouve ici. L'important, dit-on, n'est pas de gagner, mais de participer. N'empêche qu'on aimerait bien gagner plus souvent. Il n'en tient qu'à nous, mais à nous tous. Et, il ne faut surtout pas se résigner. À l'an prochain donc.

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