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Pour gagner à Cannes

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Pour gagner à Cannes, il n'y a pas de secret; la première condition est incontournable: il faut être excellent. Les pièces qui passent la ronde éliminatoire pour se retrouver dans la shorlist sont toutes, sans exception, d'un calibre de très haut niveau. On ne le répétera jamais assez, Cannes, c'est les J.O. de la com, les Academy Awards de la profession.

Cela dit, on n'aborde pas ces grandes compétitions la fleur au fusil sans s'être préparé avec la plus grande minutie. C'est précisément à ce chapitre que le Canada - et surtout le Québec - ont le plus à se reprocher et donc, le plus à apprendre. Au préalable, avant de partir, les jurés canadiens doivent être "briefés" (tous ne le sont pas), prendre connaissance de toutes les pièces en compétition, échanger avec les directeurs de création qui les ont dirigées afin de se familiariser avec les objectifs poursuivis par les annonceurs, déterminer une stratégie conjointe Canada-Québec. Ces jurés font souvent la même erreur: ils sont, et c'est naturel, extrêmement flattés d'avoir été sélectionnés pour représenter leur pays dans ce grand jury mondial. Mais malheureusement, une fois dans la tourmente, les choses se gâtent lorsqu'ils ne disposent que de trois secondes pour voter en première ronde ou qu'ils doivent intervenir devant leurs pairs.

C'est intimidant, tant de pros de grande renommée pour défendre avec conviction une pièce en difficulté. Une autre erreur consiste à penser d'abord à soi et à son agence, sans trop comprendre qu'on est ici pour défendre son pays et d'autres organisations avec qui on est d'ordinaire en compétition. Ce cas de figure est très risqué, car quand votre pays ne gagne pas, vous passez sans transition de héros à zéro aux yeux de tous les collègues de la communauté publicitaire, qui ne se privent pas d'y aller, à leur tour, de leurs commentaires acérés.

Enfin, et là, ce sont les industries québécoise et canadienne qui sont concernées; les relations et la concertation entre les deux cultures doivent être nettement plus solides et organisées qu'elles ne le sont actuellement. On a encore le sentiment que le Québec est un joueur mineur à Cannes, et ce n'est pas forcément la faute des Anglais. Le nombre d'inscriptions du côté québécois n'est pas suffisant, donc, le résultat est d'autant déséquilibré: Canada anglais: 47 nominations - Québec: 7.

Chaque année, je fais les mêmes constats, les mêmes commentaires. Cette année, je les fais publiquement. La présence à Cannes de Carl Grenier, président du PCM, aura permis, je l'espère, de faire en sorte qu'il arrive aux mêmes conclusions que moi pour prendre les mesures qui s'imposent. Et, il le sait fort bien, je lui offre mon inconditionnel support. Il aura, bien entendu, besoin du vôtre. Cannes est tellement accessible pour ceux qui s'en donnent vraiment les moyens.

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