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We love you! Yeah, yeah, yeah!

"Créatifs, on vous aime, on a besoin de vous": tel était le titre du premier Lions Daily de ce festival. Un message clair émanant des grands annonceurs de la planète entière - des clients, comme on dit encore de façon vétuste au Québec - adressé aux créatifs du monde entier. Le monde ne pourra jamais se passer d'idées, surenchérit Jean-Marie Dru dans les pages jaunes du Figaro. Et d'ajouter que les publicitaires n'aiment plus vraiment leur métier, ce qui explique le cynisme de certains d'entre eux.

Mince alors! Voilà longtemps qu'on ne parlait plus d'amour à Cannes au festival de la pub. On parlait de gros sous, de marques, d'intégration d'agences, de fusion, de globalisation, de cyber trucs et de média machins, mais d'amour et d'idées, non, ça, on n'en parlait plus. Sur le coup, j'ai bien failli verser une larme.

Figurez-vous que P and G, qui n'avait envoyé que 29 executives l'an dernier, a débarqué cette année dans une armada de 64 gros bonnets accompagnés par nul autre que leur président. Du jamais vu. Les proctériens constatent aujourd'hui que les bonnes idées, branding, design et packaging, n'ont jamais été aussi payantes. Il y a 10 ans, jamais un  festivalier n'aurait voulu parier un kopek sur une telle présence. Dire aux créatifs qu'ils sont appréciés et recherchés pour ce qu'ils font et pour qui ils sont constitue certainement une attitude porteuse d'espoir.

Au Québec, les créatifs sont trop mal connus, trop mal aimés. On peut dire qu'ils n'ont peut-être pas toujours fait ce qu'il faut pour se faire aimer, mais c'est ainsi, il faudra que cela change. Le monde devient de plus en plus concurrentiel. Et la créativité, l'intelligence et la consistance payent tout autant quand il s'agit de distinguer une marque, un produit ou un concept dans un environnement toujours plus compétitif. Des mots qui sont musique à mes oreilles. Une musique que toute la France vient de fêter avec tant de gaieté. Puisse ce petit billet se rendre jusqu'à notre cher Québec.

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