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Pauvreté: comment faire image tout en évitant les clichés?

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La pauvreté est le sujet qui termine la série 30 secondes pour changer le monde; les journalistes Marie-Claude Ducas et Matthieu Dugal, aux côtés de Julie Lemonde, experte en communications, font le point sur les enjeux communicationnels liés à la sensibilisation à ce problème.

«La pauvreté nous renvoie nous-mêmes à nos faiblesses et à nos complexes, ce qui rend la chose difficile à vendre, à communiquer, estime Matthieu Dugal. Comme société, nous valorisons la réussite individuelle. Cela tend à stigmatiser les pauvres comme des gens ne prenant pas leurs responsabilités.»

L'itinérant à la barbe blanche est-il si représentatif de ce fléau? Pourquoi sert-il encore de porte-étendard à la cause dans les publicités sur le sujet? «Évidemment, une femme monoparentale fait moins image qu'un itinérant qui dort dans une boîte de carton à -20 degrés», rappelle Matthieu Dugal. Les trois spécialistes s'entendent néanmoins pour dire qu'on aurait intérêt à revoir ce cliché.

«Pourquoi ne pas montrer des jeunes, plutôt que des vieillards? Des gens qui font preuve d'initiatives, qui essaient de s'en sortir», suggère Julie Lemonde, qui évoque le pouvoir que pourraient avoir les réseaux sociaux pour briser la solitude ressentie par les victimes de la pauvreté et pour rapprocher la population de ceux-ci. «On a vu naître des réseaux sociaux tels que Kiva, qui permettent de "commanditer" une personne dans le besoin.»

Marie-Claude Ducas abonde en ce sens: «Les réseaux sociaux ont un immense potentiel pour communiquer sur la pauvreté, favoriser les échanges de témoignages, les idées d'initiatives.»

À ce chapitre, Julie Lemonde évoque Muhammad Yunus, fondateur de l'institution Grameen Bank, au Bangladesh, et père du microcrédit: «Comme société développée, nous devrions commencer à nous inspirer des pays en voie de développement pour récupérer certains mouvements, engager les gens pauvres dans la société et leur donner une place de créateurs.»

Marie-Claude Ducas rappelle néanmoins que les besoins sont criants pour tous ceux qui oeuvrent actuellement auprès des gens démunis. «Nous donnons spontanément de l'argent à la cause, mais ce que les campagnes de communication devraient montrer aussi, c'est qu'elles ont aussi besoin de ressources et de main-d'oeuvre.»

Redécouvrez cette discussion, animée par Arnaud Granata, vice-président et directeur des contenus des Éditions Infopresse, sur le site web de l'émission, puis participez au débat en utilisant le mot-clic #30secondesTQ. Vous pouvez également y visionner les tables rondes portant sur tous les épisodes diffusés cette saison, en plus des publicités présentées dans chacun d'eux.

30 secondes pour changer le monde est une production d'Infopresse Télé pour Télé-Québec, avec la participation financière du Fonds des médias du Canada, ainsi que des crédits d'impôt fédéral et québécois. Le site a été réalisé avec la participation financière du Fonds Bell.

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