La référence des professionnels
des communications et du design

Environnement et communication: finie l'utopie et place au concret

Cliquez ici pour voir toutes les photos
Cliquez ici pour accéder au site web de l'émission

Le cinquième épisode de 30 secondes pour changer le monde portait sur l'environnement; les journalistes Marie-Claude Ducas et Matthieu Dugal, aux côtés de l'experte en communication Julie Lemonde, réfléchissent à la manière de communiquer cet enjeu aujourd'hui.

Recycler davantage, polluer moins: ces idées font désormais consensus auprès de la population. Mais de nombreux efforts restent nécessaires pour continuer de faire vivre la cause de l'environnement. Qui en sont désormais les meilleurs porte-paroles et que doit-on chercher à communiquer aujourd'hui? Les trois spécialistes s'entendent sur une chose: l'heure n'est plus aux grands discours utopistes; la clé se trouve dans les petits gestes concrets, qu'on doit encourager les gens à poser.

«Sauver une baleine en donnant 5$ à Greenpeace, ça ne change rien dans la vie des personnes, ça ne crée pas de proximité, illustre Matthieu Dugal. Ce sont aux petits gestes qu'il faut s'attaquer. Prenons le problème de l'étalement urbain: le défi d'une campagne pourrait être de convaincre les gens de faire du covoiturage. Là, on quitte les grands principes et les grandes causes abstraites. Ce sont ces petits gestes qu'il faut faire passer comme essentiels.»

L'idée d'inviter à poser des actions concrètes au jour le jour pour soutenir la cause de l'environnement ouvre la porte à une multitude de nouveaux porte-paroles, comme les entreprises, qui, dans une société de consommation, séduisent facilement les consommateurs soucieux d'effectuer des achats verts. À ce chapitre, Julie Lemonde cite le cas de Nike, qui a mis sur pied des chaussures destinées, à la fin de leur vie pratique, au recyclage. «Ce programme ramène l'environnement dans le quotidien des gens, dans leur consommation. Le consommateur et citoyen peut donc décider de poser un geste environnemental en achetant cette paire de chaussures au design ecofriendly plutôt qu'une autre.»

Si Matthieu Dugal rappelle qu'une entreprise qui cherche avant tout à vendre des produits et services n'est jamais complètement blanche - les espadrilles sont fabriquées à l'autre bout du monde et acheminées ici dans des conteneurs, par exemple -, Marie-Claude Ducas croit que les médias sociaux constituent un bon moyen d'éviter les débordements, mensonges et autres stratégies de greenwashing.  «Comme tout le monde, les organisations sont aux prises avec une dynamique complexe qu'elles ne contrôlent pas entièrement. Braquer les projecteurs sur l'enjeu de l'environnement permet quand même d'imposer le changement.»

Par ailleurs, le gouvernement aura toujours un effort de sensibilisation et de mobilisation à faire. Julie Lemonde évoque notamment l'organisation 22 avril, qui avait rallié les troupes en 2012 et qui demeure une occasion manquée, selon elle, de jeter les bases d'une initiative gouvernementale à long terme: «Ces événements frappent l'imaginaire, sensibilisent et mobilisent collectivement les gens. Au lieu de continuer de produire des pubs de 30 secondes, on devrait investir à sensibiliser les gens par ce type d'actions concrètes.»

Réécoutez cette discussion, animée par Arnaud Granata, vice-président et directeur des contenus des Éditions Infopresse, sur le site web de l'émission, puis participez au débat en utilisant le mot-clic #30secondesTQ.

30 secondes pour changer le monde est une production d'Infopresse Télé pour Télé-Québec avec la participation financière du Fonds des médias du Canada ainsi que des crédits d'impôt fédéral et québécois. Le site a été réalisé avec la participation financière du Fonds Bell.

comments powered by Disqus