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Bell-Astral: c'est non

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Le CRTC a rendu hier une décision en défaveur de BCE, qui tentait de se porter acquéreur du groupe Astral depuis mars dernier pour 3,38 milliards$.

Le président du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), Jean-Pierre Blais, a indiqué que «BCE n'a pas apporté de preuve convaincante que la transaction profiterait aux Canadiens». Cette entente aurait conféré un pouvoir commercial «inéquitable» à Bell et aurait pu «faire obstacle à une saine concurrence». Selon les données du CRTC, le combiné Bell-Astral lui aurait procuré 42,7% des parts de marché de la télé de langue anglaise et 33,1% de celles de langue française.

Bernard Motulsky, titulaire de la Chaire de relations publiques et communication marketing, et professeur au département de communication sociale et publique de l'Uqam, s'étonne de ce verdict: «Je m'attendais à ce que le CRTC montre les dents, mais laisse passer la transaction.»

Le Conseil a tenu des audiences publiques en septembre au cours desquelles son président avait entendu les parties concernées. Au cours de ces audiences, Bell avait annoncé vouloir créer un service vidéo à la demande semblable à celui de Netflix, ainsi qu'un service de nouvelles francophones.

Rappelons que plusieurs groupes médias s'étaient vivement opposés à la transaction, dont Cogeco, Québecor et Eastlink, qui ont même pris des pages de publicité dans les grands quotidiens canadiens, en plus de mettre en ligne le site Ditesnonabell.ca. Cette campagne aurait-elle pu influencer la décision du CRTC? «C'est ce qu'on peut présumer, même si le CRTC lui-même n'en dira rien», poursuit Bernard Motulsky.

Le CRTC a aussi refusé la demande de BCE de convertir la station de radio de langue anglaise CKGM Montréal (TSN 990) en une station de langue française. BCE n'était intéressée à cette modification que si son projet d'acquisition d'Astral était approuvé.

Difficile de dire à l'heure actuelle quelle sera la suite des choses pour Astral. «La transaction pourrait être révisée. On pourrait aussi songer à morceler l'entreprise pour la vente, mais quand elle serait beaucoup moins intéressante à vendre ainsi qu'en bloc» souligne Bernard Motulsky.

«C'est le signe d'un changement d'époque, conclut-il. Les entreprises ont souvent fort à faire avec des oppositions sur le terrain qui savent comment s'y prendre pour mettre de la pression et bloquer des transactions. Le Conseil devrait être plus sensible aux manifestations sur la place publique.»

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